Espacement(s)

Espacement(s) (2018)
Solo exhibition, Galerie ALB Anouk Le Bourdiec, Paris, 2018

Blindness, 2017.   

Communiqué de presse

L’artiste orchestre dans son travail générique photographies, collages, films et installations afin de sonder le potentiel de l’image, oscillant entre vraisemblance et surréalisme, ici du paysage, thème récurrent dans l’oeuvre de l’artiste. Le paysage y est ré-appréhender selon un jeu de télescopage (fait de se confondre ou de se produire en même temps) qui reconstruit l’espace selon sa propre cohérence, offrant ainsi de nouvelles perspectives. Anaëlle Cathala a toujours été fascinée par l’architecture et l’urbanisme auxquels elle se confronte physiquement au quotidien, et qui alimente de manière manifeste son travail. « Cet aspect vraiment cru me plaît et me touche, tout autant que la nature. Et j’aime les confronter. J’y vois des connections évidentes». Les espaces créés incitent à se perdre, à se transporter vers un ailleurs, vers un voyage mental. Il est question de notion de créer des « espaces autres » comme ceux décris par le philosophe Michel Foucault, où héberger l’imaginaire, lieu d’un questionnement sur la notion du souvenir (réel ou imaginé), de ce qu’il en reste etde ce que l’on en fait.

Ses collages sont un point de rencontre entre onirisme et illusion. Inattendu, le résultat est un travail subtil et dynamiquedont le vecteur est une tension entre réalité et abstraction. Elle y voit l’expression de la relation qu’elle entretient à l’espace qui l’entoure, « presque tout me semble irréel » dit-elle. Ces collages trouvent une forme de cohérence et d’équilibre dans des univers irréels à la temporalité nouvelle. « Le travail du collage m’intéresse pour sa notion de possibilité infinie. Je suis vraiment captivée par l’idée de recréer de nouvelles réalités, de nouveaux espaces, nouvelles dimensions. J’ai parfois simplement l’impression de remettre les choses à leur juste place, touchant légèrement du doigt le don d’ubiquité, en étant partout à la fois ». A travers la reconstitution de diverses images et matériaux une nouvelle image est formée qui tranpose sa propre identité, unique; devenue oeuvre virtuelle par la virtuosité de l’artiste, composante d’un univers artistique où le songe, la part d’équilibre et la constitution de nouveaux mondes exultent.

Le sentiment de vertige ressenti par l’artiste face au monde qui l’entoure est celui qu’elle tente de faire éprouver au spectateur. De ses prises de vues au Leica (35mm) en ressort un travail aux forts accents cinématographiques imprégné d’ambiances et de temporalité particulières. Par amour de l’abstraction et du fragment, Anaëlle plonge délibérément le regardeur dans un contexte narratif tronqué. Son procédé et son esthétique rapprochent l’artiste d’un cinéaste aux univers feutrés et mystérieux, David Lynch.                                                                                                        « Sans cesse ballotée entre la chronologie nécessaire à l’équilibre de nos vies en société et la perception d’un autre espace temps pressenti plus intime, plus redoutable et plus vertigineux, je recompose ce qui ne sera ni jamais tout à fait vrai ni jamais tout à fait faux.» 

 ALB & Melchior

Palm springs, Blindness , 2017 / 90 x 130 cm / Photo © Aurélien Mole

 Photo © Aurélien Mole

Neon lights, 2018 / 90 x 130 cm / Photo © Aurélien Mole

The orange path, The walk, 2017 / 90 x 130 cm /  Photo © Aurélien Mole

 Photo © Aurélien Mole

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